XXXIII èmes journées annuelles de l'ANDES

Argumentaire

Qu’est-ce qu’une enquête sociale ? A priori, la réponse est simple. Il s’agit d’une mesure d’investigation, que peut ordonner un juge et sur les conclusions de laquelle il peut s’appuyer, lorsqu’il doit se prononcer sur les modalités de l’exercice de l’autorité parentale concernant un enfant. « Celle-ci a pour but de recueillir des renseignements sur la situation de la famille et les conditions dans lesquelles vivent et sont élevés les enfants » précise le code civil (art 373-2-12). L’arrêté du 13 janvier 2011 quant à lui, définit le référentiel des diligences à accomplir dans le cadre d’une telle mission. Enfin le magistrat lui-même apporte, dans sa décision, les précisions utiles quant à ce qu’il en attend.

Mais une fois ce cadre précisé, la question n’est pas épuisée pour autant ; elle reste entière même, les textes n’ayant pas pour vocation de dire les subtilités d’une pratique qui se réinvente toujours au cas par cas, en fonction de la situation, des personnes rencontrées et du professionnel qui exerce la mission. Toute mesure d’instruction qu’elle soit, au service d’une décision à prendre, l’enquête sociale est d’abord une affaire de rencontre, entre un enquêteur – quelqu’un qui cherche donc au sens étymologique – et les membres d’une famille en crise qui en appellent au tiers judiciaire pour tenter de faire valoir leurs différends et de fait, se situent souvent dans une certaine attente, parfois même peut-être une demande, aussi diffuse soit-elle.

Si cette rencontre est réglée par une certaine procédure, elle fait pour autant une large place à la contingence, à l’imprévu, et surtout à la subjectivité et aux mouvements psychiques qui traversent chacun. Ces facteurs participent ô combien de l’évaluation et viennent mettre à mal l’idéal d’objectivité.

Par ailleurs, cette rencontre, en tant qu’elle s’appuie essentiellement sur la parole, peut produire des effets au-delà de ceux attendus en termes d’évaluation ; parler engage celui qui s’y risque, parfois sans qu’il n’en mesure complètement l’incidence.

Les mots eux-mêmes qui désignent l’exercice – enquête, sociale... - sont sujets à de multiples interprétations, agitant l’imaginaire de ceux qui vont devoir s’y soumettre, mais aussi peut -être celui des professionnels eux-mêmes, pris dans certaines représentations de ce qui est attendu d’eux. D’autres signifiants viennent d’ailleurs souvent croiser ceux-là ; vérité, mensonge, objectivité, évaluation...

Penser l’enquête sociale, suppose donc de l’envisager dans la complexité que sa pratique révèle, au- delà des quelques textes qui en donnent définition et des attentes auxquelles elle répond, sans pour cela négliger ces dimensions qui la fondent et sans lesquelles elle n’aurait pas d’existence.

Il ne s’agira donc pas ici de proposer un modèle de ce que serait ‘’la bonne enquête sociale’’, mais bien de permettre à chacun de venir mettre au travail sa pratique, ses propres représentations, ses propres constructions, à l’occasion de deux journées où tenteront de s’articuler l’exposé d’un JAF, autour des attentes concernant cette mission, celui d’un psychanalyste, à propos des signifiants à l’œuvre dans cette pratique, et un travail de groupes autour de situations présentées par des participants.

 

calendrier
Vendredi 17 mai 2019

 

  • 8h30 : Accueil des participants
    Centre International FIAP Jean Monnet : 30, rue Cabanis - 75014 Paris - M° St Jacques
    Salle JAVA (7ème étage)
  • 9h : Introduction des journées par Alain THIERY - Président de l’ANDES
  • 9h30 : Cécile LE GAC, nous proposera à partir de son expérience de Juge aux affaires familiales, sa réflexion autour de l’enquête sociale. L’exposé sera suivi d’un échange.
  • 12h30 : Déjeuner au Francilien (1er étage).
     
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  • 14h : Alain VOISINNE - Psychanalyste, membre de l’Association Lacanienne Internationale, s’intéressera aux signifiants à l’œuvre lorsque l’on tente de penser l’enquête sociale. L’exposé sera suivi d’un échange.
  • 17h : Pause
  • 18h : Verre de l’amitié - Espace Jean Monnet (1er étage)
     

 

calendrier
Samedi 18 mai 2019

 

  • 9h : Travail en ateliers à partir de situations proposées par des participants
  • 10h30 : Pause
  • 11h : Assemblée générale.
  • 12h30 : Déjeuner au Francilien (1er étage).
     
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  • 14h : Retour du travail des ateliers vers le collectif - Quelle ouverture pour chacun ? Quels questionnements ?
  • 15h30 : Pause
  • 15h45 : Evaluation collective des journées
  • 16h15 : Mot du président et clôture des journées de l’ANDES
     

 

 

 

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